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Géographie
Cours
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Famille de situation : L’intégration nationale
Catégorie d’action : La promotion du développement intégré
Module N°I : Le Cameroun
Chapitre N°I : La diversité des ensembles biogéographiques
Leçon N°III : Les villes du Cameroun
Notions : Quartier cosmopolite, voirie urbaine
Prérequis : Les villes du Tiers-monde
Durée : 2 heures
Exemple de situation : L’insécurité dans les villes camerounaises
Exemple d’action : Constituer des comités de vigilance et travailler en étroite collaboration avec les forces de maintien de l’ordre
Formulation de la justification : Cette leçon me permet de mobiliser les ressources afin de lutter contre l’insécurité et de promouvoir un développement harmonieux de son cadre de vie

Introduction

La ville est une agglomération plus ou moins vaste aux activités relevant essentiellement des secteurs secondaires et tertiaires (commerce, administration service, industrie). Autrement dit, c’est un lieu de concentration humaine où dominent les activités non agricoles. Au Cameroun, est considérée comme une ville, toute agglomération d’au moins 5000 habitants. Il apparait donc clairement que la ville se distingue de l’espace rural par l’effectif de la population, son architecture et la diversité de ses infrastructures.
ville doualaListe des villes du Cameroun de plus de 10 000 habitants en 2017

No Villes Population
1 Douala 2 768 436
2 Yaoundé 2 765 568
3 Garoua 546 060
4 Bamenda 514 593
5 Maroua 415 251
6 Nkongsamba 250 000
7 Bafoussam 365 017
8 Ngaoundéré 298 016
9 Bertoua 281 139
10 Loum 141 400

I. La ville, un espace d’intégration et un milieu cosmopolite

Un espace d’intégration est un lieu où l’on peut facilement s’adapter et être accepté sans difficulté par les autres. Les villes camerounaises sont des espaces d’intégration car elles :
• Attirent les étrangers et les néo-urbains en leur offrant un emploi ;
• Disposent des infrastructures de qualité (centres de formation, écoles supérieures, universités, infrastructures sportives, espaces de loisir…)
Un milieu cosmopolite est un lieu où se concentrent des personnes provenant de divers horizons.
En effet, dans les villes camerounaises cohabitent des hommes et femmes de toutes origines, nationaux comme expatriés, ce qui fait d’elles un lieu de brassage de plusieurs cultures qui parfois n’ont rien en commun. C’est le cas des villes de Douala, Yaoundé et Maroua où vivent en harmonie les communautés tchadiennes, nigérianes, centrafricaines et les autres tribus provenant de l’ensemble du territoire national. Même si dans certaines villes existent des quartiers regroupant les ressortissants d’une certaine tribu ou religion (quartier Haoussa, quartier Bamiléké, quartier Bamoun), on observe néanmoins un processus d’intégration aisé des autres ethnies conduisant parfois aux mariages inter ethniques.

II. La ville, un espace aux nombreux atouts

La ville est un endroit qui offre d’énormes opportunités. Elle constitue un centre d’impulsion des activités économiques et un lieu de concentration des services.

II.1 Centre d’impulsion des activités économiques

L’espace urbain offre plusieurs avantages capables d’impulser le développement économique :
• L’effectif de la population ; son importance est pressentie à deux niveaux. D’abord en tant que force de production qui s’active dans plusieurs domaines, ensuite en tant que consommateurs qui permet à l’économie de fonctionner ;
• La diversité des équipements et des infrastructures (marchés, hôpitaux, voies de communication…)
Mais pour que ces villes soient un véritable moteur de développement, il faut en plus de tous ces éléments, une réelle volonté politique capable de mettre en œuvre des stratégies pour attirer les investisseurs (viabilisation des sites qui passe par l’aménagement de la voirie urbaine, la construction des logements et immeubles de qualités, la lutte contre la corruption, la baisse des impôts, la transparence dans les procédures administratives dans la création des entreprises…)

II.2 Un lieu de concentration des services

La ville est considérée comme un lieu de concentration des activités économiques : secteurs formels (banque, administration) et secteur informel.
• Le secteur formel est un ensemble d'activités ou d'entreprises qui ont un objet commun. Ce sont des activités officielles, reconnues par l’État.
• Le secteur informel est un ensemble d'unités produisant des biens et des services en vue principalement de créer des emplois et des revenus pour les personnes concernées.
C’est un secteur d’activité qui n’est généralement pas soumis à la législation régissant l’activité économique concernées et qui bénéficie peu de l’appui du gouvernement. Ce secteur est très développées dans les pays pauvres comme le nôtre et regorge la majorité des jeunes lettrés ou non. Il s’agit des producteurs de biens (fabricants d’outils agricoles à partir des matériaux de récupération), de petits commerçants ambulants ou non (vendeurs de vêtements, chaussures, d’ustensiles de cuisine, de médicaments...), des prestataires de service (gardiens, laveurs de voitures, cordonniers, call-boxeurs, Mototaxis, décorateurs…).
moto taxi douala cameroun

III Les problèmes des villes camerounaises

La croissance urbaine qui est l’extension d’une ville liée à l’augmentation de la population urbaine est source de nombreux maux :

III.1 L’incivisme, l’anarchie et l’insalubrité

Le désordre urbain est l’apanage de nombreuses villes du Tiers-monde notamment celles du Cameroun. Il se manifeste par :
• L’absence ou la non application des plans d’urbanisation d’où l’omniprésence des plans désordonnés. Ceux-ci ne présentent aucune ligne de marquage mais offrent un réseau tortueux et étroit qui aboutit parfois à des impasses ;
• L’insuffisance ou l’absence des infrastructures de bien être (espaces verts, centres de loisir) ;
• Une cohabitation millimétrée entre les établissements scolaires, marchés, églises et autres lieux de culte, débits de boisson et zones d’habitation. Ceci conduit souvent à l’insécurité, des dérapages et de nombreuses plaintes portant ainsi un coup au vivre ensemble ;
• L’invasion des chaussées et trottoirs par les débrouillards ;
• L’absence ou l’insuffisance des parkings d’où un stationnement anarchique qui obstrue la circulation ;
• Une cohabitation imparfaite entre bidonvilles et grands immeubles, ce qui présente un caractère dichotomique de l’espace urbain ;
• Le problème d’évacuation des ordures ménagères qui se pose avec acuité. En effet, les quartiers ne sont pas desservis par des artères pouvant permettre à HYSACAM d’enlever ces déchets. En outre, l’incivisme des populations qui déposent les ordures un peu partout même dans les caniveaux alors qu’il y a des bacs prévus à cet effet. Conséquemment, les populations sont victimes des inondations et inhalent des odeurs nauséabondes à longueur de journée ;
• La recrudescence de la pollution sonore (bruit) orchestrée par les débits de boisson, les discothèques ambulantes (musique provenant des moto-taximen, des caravanes publicitaires ou religieuses), les vendeurs ambulants (cordonniers, boulangers), les moulins à écraser, les klaxons des véhicules.

III.2 Problème d’insécurité et de logement

Du fait de l’augmentation de la population urbaine, du taux de chômage élevé (le flux migratoire des jeunes vers les villes associé à l’accroissement naturel exigent la création d’emploi. Or les pouvoirs publics ne sont pas capables d’embaucher tous ces jeunes qui le plus souvent n’ont aucune formation professionnelle) et de la prolifération de mauvaises mœurs (consommation des stupéfiants, recherche de gains faciles), l’on assiste à de nombreux fléaux. Tels que :
• le banditisme ;
• la criminalité ;
• la vente d’organes et d’ossements humains ;
• le viol et toutes sortes d’agressions sexuels ;
• les enlèvements et demande de rançon ;
• la contrefaçon des produits de grande consommation…
La crise de logement résulte de l’inadéquation entre l’augmentation de la population urbaine et la construction des logements sociaux. À ce principal facteur, l’on peut ajouter le coût élevé des terrains, la faiblesse de l’épargne et les différentes arnaques orchestrées par les populations autochtones et certains responsables véreux. Conséquence il y’a un manque criard de logements en qualité et en quantité avec pour corollaire, la prolifération des bidonvilles (quartiers dominés par des habitats spontanés faits à partir des matériaux de récupération et où règnent insalubrité, misère et tous les autres maux). C’est le cas de Mvog-Ada, Etambafia, Tsinga-Elobi à Yaoundé, de Doualaré et Bamaré à Maroua, de New-Bell à Douala, de Tougang à Bafoussam.

III.3 Les problèmes de transport et de voie de communication

Ils sont causés par l’insuffisance des artères secondaires. Celles qui existent, sont dans un état de délabrement avancé (présence des nids de poules et d’éléphants). Les artères principales quant à elles connaissent un trafic intense pendant les heures de pointe. L’on peut aussi relever :
• La mauvaise organisation des flux ;
• L’insuffisance des moyens de transport en commun ;
• L’occupation anarchique de la chaussée ;
• L’agrandissement du parc automobile qui précède la construction des routes ;
• La désorganisation du transport en commun ;
• Le non-respect du code de la route par les usagers.
Tous ces facteurs sont à l’origine des embouteillages, des engorgements et de nombreux accidents.

III.4 Les problèmes d’approvisionnement en eau, électricité, gaz et produits de première nécessité

• Le réseau d’adduction en eau potable est sommaire. En effet la CDE (Camerounaise Des Eaux) ne parvient pas à combler les attentes des populations, ce qui les pousse à consommer l’eau des puits, rivières et sources responsable de nombreuses maladies hydriques.
• L’approvisionnement en énergie électrique par ENEO et la SOCATREL (Société Camerounaise de Transport d’Électricité) ne satisfait pas la demande de plus en plus forte des citadins d’où la multiplication des délestages.
• La fourniture en gaz domestique est insuffisante, ce qui aboutit souvent à une spéculation des prix laissant de nombreux ménages dans le désarroi.

Conclusion

Les villes du Tiers-monde et notamment celles du Cameroun sont en proie à de nombreuses difficultés. Les problèmes sont presque les mêmes partout et sont en grande partie liés à l’incivisme des populations et à l’inertie des pouvoirs publics. Dans un contexte de mise en place progressive de la décentralisation, il est important que les collectivités territoriales décentralisées puissent s’approprier les territoires afin d’impulser elles-mêmes leur développement et de faire des villes camerounaises des endroits où il fait bon vivre. Tout ceci passe à coup sûr par le transfert effectif des ressources et des compétences.