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S.V.T
Cours
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II Sécrétion et rôle des hormones ovariennes.

II.1 Sécrétion des hormones ovariennes.

II.1.1 Observations cliniques.

Si pour des raisons médicales, une femme subit une ovariectomie bilatérale (ablation des deux ovaires), les cycles menstruels cessent (aménorrhée définitive).
Hypothèse : Il faut croire que l’activité des ovaires et l’activité des voies génitales sont liées.

II.1.1.1 Expérience
Conditions expérimentales Résultats fournis par l’observation de l’utérus
Souris témoin : ovaires intactes Développement cyclique de l’endomètre
1- Ovariectomie bilatérale Pas de développement cyclique de l’endomètre
2- Ovariectomie bilatérale + greffe des ovaires sous la peau Développement cyclique de l’endomètre
 3- Ovariectomie bilatérale + injection quotidienne d’extraits ovariens  Développement de l’endomètre sans variations cycliques.
 4- Mise en parabiose de deux souris : l’une normale et l’autre ovariectomisée  Développement cyclique de l’endomètre de manière synchronisée chez les deux souris.
II.1.1.2 Interpréter chaque résultat obtenu.

1- Le non développement cyclique de l’endomètre en cas d’ovariectomie bilatérale montre que les ovaires sont responsables de l’activité de l’utérus.
2- La restauration du cycle de l’utérus par les greffes sous la peau montre que l’ovaire agit par voie sanguine (voie humorale).
3- Le résultat de l’expérience 3 montre l’importance des doses des hormones ovariennes pour l’activité cyclique de l’utérus.
4- La parabiose est l’établissement par des sutures d’une circulation sanguine commune entre deux animaux. Les résultats confirment ceux obtenus en 2. Les ovaires de la souris normale agissent sur les deux utérus par voie sanguine.

II.1.1.3 Conclusion.

L’évolution cyclique des voies génitales en générale est sous le contrôle d’une activité endocrine cyclique des ovaires.

II.2 Nature, sécrétion et rôle des hormones ovariennes.

Les hormones ovariennes (tout comme la testostérone) sont des hormones stéroïdes synthétisées à partir du cholestérol. Elles appartiennent à deux groupes :
• les œstrogènes forment un groupe d’hormones (œstradiol, l’œstriol et l’œstrone) ayant des actions similaires sur leurs cellules cibles. Elles sont sécrétées par les cellules des follicules (cellules de la thèque interne et de la granulosa) et du corps jaune. La sécrétion culmine 24 à 36 heures avant l’ovulation. (Voir courbe).
• la progestérone qui est synthétisée et sécrétée par les cellules du corps jaune.
Le tableau suivant présente les principales actions biologiques des hormones ovariennes :

  Œstrogènes Progestérone.
À la puberté (mise en place des équilibres hormonaux, ovariens et hypophysaires) • Croissance et développement de l’utérus, du vagin et des glandes annexes ;
• Développement de la pilosité pubienne ;
• Acquisition de la morphologie féminine (croissance des glandes mammaires, …)
• non sécrétée pendant toute la phase pré pubertaire ;
• apparaît après la première ovulation (vers 13 ans).
A chaque cycle, de la puberté à la ménopause • prolifération de la muqueuse utérine et vaginale ;
• sécrétion des glandes du col utérin ;
• action sur le métabolisme (des glucides, des lipides, de l’eau)
• action sur la dentelle endométrale ;
• stimulation des sécrétions ses glandes du col utérin
• prolifération des acini des glandes mammaires ;
• élévation de la température corporelle.

NB : L’action de la progestérone sur les cellules cibles (cellules de l’utérus, des seins, …) n’est possible que si ces cellules ont été au préalable imprégnées par les œstrogènes. En effet, les œstrogènes induisent la synthèse des récepteurs à la progestérone par les cellules cibles. Les deux hormones ont une action synergique.

En fin de cycle, s’il n y a pas fécondation, le corps jaune régresse entraînant un effondrement des taux hormonaux dans le sang. La menstruation est la conséquence de l’effondrement des taux hormonaux.

II.3 Régulation des sécrétions ovariennes.

II.3.1 Rôle de l’hypophyse.
II.3.1.1 Observation clinique.

Une affection de l’hypophyse chez une femelle de mammifère adulte entraîne une atrophie de l’ovaire et des effecteurs : il y a arrêt du cycle ovarien.
Hypothèse : L’hypophyse contrôlerait l’activité de l’ovaire.

a) Expérience.

1- Une hypophysectomie pratiquée chez un animal adulte entraîne une atrophie de l’ovaire et un arrêt de leur activité cyclique
2- Une greffe en place d’un fragment de l’hypophyse ou une injection des extraits hypophysaires convenablement dosés permettent de corriger les troubles.

b) Interprétation.

1. l’atrophie des ovaires et l’arrêt de leur activité cyclique montre que l’hypophyse agit sur les ovaires.
2. Les résultats de l’expérience 2 montrent que cette action est hormonale et précise l’importance du contact de l’hypophyse avec certaines régions du cerveau et l’importance du taux des hormones hypophysaires dans la régulation de l’activité des ovaires.

c) Conclusion.

Le déroulement du cycle ovarien et par conséquent les sécrétions hormonales de cet organe dépendent d’hormones hypophysaires, les gonadotropines ou gonadotrophines ou hormones gonadotropes.

II.3.2- Le synchronisme des sécrétions ovariennes et hypophysaires.

Les gonadostimulines hypophysaires sont les mêmes molécules chez l’homme que chez la femme ; mais leur sécrétion est très variable au cours du cycle sexuel :
o la FSH (hormone de stimulation folliculaire) stimule la croissance des follicules et par conséquent la sécrétion d’œstradiol ;
o la LH (hormone de lutéinisation) dont l’accroissement brutal de la concentration, vers le 13ème jour du cycle, déclenche la rupture du follicule mûr, puis l’ovulation. Elle stimule aussi la croissance du corps jaune et par conséquent la sécrétion de progestérone.
Comme chez le mâle, les sécrétions hypophysaires sont pulsatiles mais la fréquence et l’amplitude des pulses ne sont pas constants au cours du cycle.
variation hormones ovariennesLes dosages sanguins des hormones hypophysaires d’une part et ovariennes d’autre part montrent que leurs sécrétions sont synchronisées. Il révèle aussi un aspect remarquable de l’activité de l’antéhypophyse : chaque cycle sexuel est marqué par un pic simultané de FSH et de LH.

II.3.3 Rôle de l’hypothalamus.

L’hypothalamus est un organe du cerveau proche de l'hypophyse relié à celle-ci par la tige hypophysaire.hypothalamo hypophysaireUn réseau important de capillaires sanguins met en relation l’hypothalamus et l'hypophyse. Si on interrompt la communication sanguine entre ces deux organes, on observe un arrêt des fonctions testiculaires. Ceci montre que l’hypothalamus agit sur les testicules par l'intermédiaire de l'hypophyse antérieure ou antéhypophyse.
hypotalamo hypophisaireOrganisation fonctionnelle de l'axe hypothalamo-hypophysaire
Si on fait une entaille dans la tige hypophysaire et on y place une feuille en plastique au niveau des boutons terminaux des neurones hypothalamiques. on constate non seulement que l’antéhypophyse ne produit plus ses gonadostimulines mais aussi une accumulation en amont d'une substance de nature peptidique : la gonadolibérine ou GnRH.
L'injection de la GnRH de façon pulsatile sur l’antéhypophyse permet une sécrétion des gonadostimulines.
Les neurones de l’hypothalamus sécrètent de façon pulsatile une neurohormone la GnRH qui stimule la sécrétion des gonadostimulines par l’antéhypophyse.

II.3.4 Rétrocontrôles et influence des facteurs de l’environnement.
II.3.4.1 Mise en évidence des rétrocontrôles.
II.3.4.1.1 Rétrocontrôle négatif.
a) Expérience.

1- L’ovariectomie bilatérale entraîne l’augmentation des taux plasmatiques de FSH et de LH. La même observation est faite chez une femme ménopausée.
2- L’injection d’œstradiol en début de la phase folliculaire est suivie de la baisse du taux de gonadostimulines (LH et FSH) et de gonadolibérine (GnRH).

b) Interprétation.

1- l’activité de l’ovaire agit en retour sur le complexe hypothalamo-hypophysaire.
2- L’expérience 2 précise que la rétroaction se fait par les hormones ovariennes, un fort taux d’œstradiol inhibe le complexe hypothalamo-hypophysaire.

c) Conclusion

Les hormones ovariennes exercent un rétrocontrôle négatif sur le complexe hypothalamo-hypophysaire. Ce rétrocontrôle explique :
o la baisse du taux de gonadostimulines lorsque la production hormonale du corps jaune est importante, bloquant ainsi tout nouveau cycle ;
o la hausse de ces taux après régression du corps jaune en fin de cycle.

II.3.4.1.2 Rétrocontrôle positif.

Lorsque le taux des œstrogènes dans le sang dépasse un certain seuil, la rétroaction devient positive. Les cellules hypophysaires sont stimulées par des doses élevées d’œstradiol, et en présence de GnRH, la sécrétion de gonadostimulines flambe.
C’est donc le pic d’œstradiol qui déclenche environ 12 heures plus tard le pic de LH ou décharge ovulante.

II.4.3.2 Influence des facteurs de l’environnement.

De nombreux neurotransmetteurs cérébraux agissent sur les neurones hypothalamiques. Les principaux sont : l’adrénaline et la noradrénaline qui stimule la production de GnRH et la dopamine qui l’inhibe. De fortes émotions peuvent déclencher la libération de ces neurotransmetteurs entraînant une perturbation des cycles sexuels et même leur arrêt. C’est ainsi que l’on explique les grossesses nerveuses chez la femme avec les signes cliniques (aménorrhée, nausées, développement des seins), suite à de fortes émotions.
De plus la photopériode (durée relative du jour et de la nuit) joue un rôle important dans la reprise des activités sexuelles chez les mammifères sauvages.