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S.V.T
Cours
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Objectifs pédagogiques
• rappeler la définition de réflexe ;
• citer quelques exemples de réflexes ;
• identifier les différents éléments intervenant dans la réalisation d’un acte réflexe médullaire et donner leur rôle ;
• identifier les différents éléments intervenant dans la réalisation d’un acte réflexe conditionnel et donner leur rôle ;
• définir un réflexe conditionnel ou acquis ;
• relever les différences entre les deux types de réflexes.

Introduction

L’exécution d’un mouvement, si simple soit-il, nécessite la contraction de muscles précis. Cette contraction est toujours commandée par le système nerveux central mais le mouvement peut correspondre :
• soit à un mouvement décidé par le sujet : on parle alors d’un mouvement volontaire ou spontané ;
• soit à un mouvement automatique, involontaire en réaction à un stimulus externe : on parle d’un mouvement réflexe.

Réflexe
C’est donc une réaction involontaire, stéréotypée et prévisible en réponse à une stimulation. Le réflexe est déclenché par un stimulus, le message nerveux ainsi généré emprunte un circuit appelé arc réflexe.

I. Classification des réflexes.

Les réflexes peuvent être classés en deux groupes :
• les réflexes innés qui existent dès la naissance ;

Exemple :
Le réflexe inné de salivation (saliver au contact d’un aliment avec la langue) ;
Le réflexe myotatique (contraction d’un muscle en réponse à son propre étirement) ;
La sécrétion des larmes lorsqu’on pèle les oignons…

• Les réflexes acquis ou conditionnels ou conditionnés qui s’obtiennent à la suite d’une éducation ou d’un apprentissage et qui sont propres à chaque individu contrairement au réflexe inné ;

Exemple : la conduite ; la lecture ; l’écriture …

Les réflexes innés peuvent être classés selon :
• La nature de leur centre nerveux (réflexes encéphaliques et réflexes médullaires) ;
• La localisation du récepteur qui est à leur origine en réflexe extéroceptif (si le récepteur se situe à la périphérie du corps) ; réflexe proprioceptif (si le récepteur se situe dans les muscles ou articulations) et réflexe intéroceptifs ou végétatif (si le récepteur se situe dans les viscères).

II. Étude des réflexes médullaires.

II.1 Réflexe de flexion des membres chez la grenouille.

II.1.1 Préparation de l’animal.

On décérèbre une grenouille. Cette grenouille qui ne conserve plus que la moelle épinière comme centre nerveux est dite spinale : elle perd toute motricité volontaire.
On la suspend ensuite à une potence de sorte à laisser les quatre pattes pendantes.

II.1.2 Réalisation expérimentale des réflexes médullaires.

Dès qu’un objet (crayon, doigt …) entre en contact avec la peau de l’une de ses cuisses ou dès qu’il y’a pincement d’un doigt de la patte, l’animal en suspension fléchit le membre correspondant.
Ainsi les membres d’une grenouille, même spinale, fléchissent à chaque stimulation de la peau d’un de ses membres. Une telle réaction est un réflexe.
Lorsqu’on veut contrôler et graduer l’intensité de la stimulation, on peut utiliser un stimulus de nature chimique (solution d’acide acétique de concentration régulièrement croissante) que l’on applique sur l’extrémité du doigt le plus long de la patte postérieure gauche. On constate alors :
• pour des concentrations faibles, aucune réaction musculaire de l’animal ;
• pour des concentrations plus élevées, la flexion du seul membre excité : la réponse est dite localisée.
La figure suivante représente l’arc réflexe correspondant ;
arc reflexe• pour des concentrations moyennes, la flexion de la jambe et du pied gauches ou du membre postérieure gauche dans son ensemble : le réflexe n’est plus localisé mais reste unilatéral ;
• pour des concentrations supérieures, la flexion des deux membres situés du même côté (réponse unilatérale des deux membres) ;
• pour des concentrations élevées, la flexion des quatre membres : la réponse est irradiée.
Parfois la réponse unilatérale du membre postérieure est accompagnée d’une réponse de l’autre membre postérieur (réponse symétrique).

Conclusion : Ainsi, pour toute stimulation de la peau d’intensité supérieure au seuil, la réponse réflexe intéresse un nombre de muscles d’autant plus élevé que l’intensité de la stimulation est plus grande.

II.1.3 Éléments intervenant dans la réalisation d’un acte réflexe et leur rôle.
II.1.3.1 La peau.

Trempons l’extrémité du plus long doigt de la patte gauche d’une grenouille décérébrée dans de l’éther. Excitons la patte ainsi traitée : on constate que l’animal ne réagit pas. Par contre les muscles de la patte gauche restent contractiles. Ainsi, l’éther agit au point de départ de l’acte réflexe : il empêche l’excitation en inhibant un récepteur du stimulus présent dans la peau. Cet effet est temporaire car quelques minutes après, une nouvelle stimulation redevient efficace. On appelle anesthésie cette perte momentanée de la sensibilité d’une partie (anesthésie locale) ou de la totalité (anesthésie générale) de l’organisme.

II.1.3.2 Rôle du nerf sciatique.

Sur une grenouille spinale, mettons à nu un nerf sciatique et sectionnons-le en deux points. Après cette section, on constate que la patte opérée devient flasque.
Pinçons la peau de la patte opérée. On n’obtient aucune réponse : il y’a donc paralysie totale de la patte.
Excitons le bout périphérique du nerf coupé. Seule la patte opérée réagit : le nerf sciatique conduit donc l’influx nerveux moteur des centres nerveux vers les muscles ; il contient donc des fibres nerveuses motrices.
Excitons le bout central du nerf ; tous les autres membres peuvent se contracter sauf la patte opérée : le nerf sciatique conduit l’influx nerveux sensitif du récepteur vers le centre nerveux réflexe ; il contient donc des fibres nerveuses sensitives.

Puisqu’il contient à la fois des fibres nerveuses sensitives et motrices, le nerf sciatique est un nerf mixte.

II.1.3.3 Rôle de la moelle épinière.

Chez une grenouille spinale, détruisons la moelle épinière : on dit que la grenouille est décérébrée et démedullée. Si nous pinçons l’une des pattes, on n’observe aucune réaction. Tous les réflexes sont abolis. L’intégrité du centre nerveux médullaire est donc indispensable à l’exécution de la réponse réflexe. Par contre l’encéphale n’est pas indispensable, toutes les expériences ayant été réalisées sur un animal spinal.

II.1.3.4 Expériences de Magendie.

Elles ont permis de déterminer le rôle des racines rachidiennes qui partent de la moelle épinière.
experience de degenerecence

• Expérience 1

Magendie sectionne la racine postérieure d’un nerf rachidien. Il constate que le membre correspondant au nerf coupé perd toute sa sensibilité mais garde sa motricité intacte. Il en conclut que la racine dorsale d’un nerf rachidien conduit l’influx nerveux sensitif ; elle est donc formée des fibres nerveuses sensitives.

• Expérience 2

Magendie sectionne la racine ventrale. Le membre correspondant au nerf sectionné devient flasque mais conserve sa sensibilité. Il en conclut que la racine ventrale d’un nerf rachidien conduit l’influx nerveux moteur ; elle est donc formée des fibres nerveuses motrices.

• Expérience 3

Magendie coupe les deux racines rachidiennes. L’animal perd toute motricité et toute sensibilité au niveau du membre correspondant au nerf sectionné. Ce résultat permet de confirmer les rôles des racines rachidiennes ventrales et dorsales.