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Cours
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Famille de situation : L’intégration nationale
Catégorie d’action : La promotion du développement intégré
Module N°II : La libéralisation des échanges
Chapitre N°IV : Les mécanismes de la mondialisation
Leçon N°XII : Le fonctionnement de la mondialisation
Notions : Investissement Direct à l’Étranger
Prérequis : La hiérarchisation des pays du monde, les facteurs de la mondialisation
Durée : 2 heures
Exemple de situation : L’influence du mode de vie occidental sur nos habitudes alimentaires, vestimentaires.
Exemple d’action : Revaloriser notre héritage culturel afin que notre originalité puisse aussi servir de modèle aux autres habitants de la planète, dans ce contexte de globalisation.
Formulation de la justification : Cette leçon permet d’installer chez l’apprenant les ressources en vue de s’approprier les mécanismes de fonctionnement de la mondialisation et d’y participer.

Introduction

La mise en relation des composantes du système - monde (territoire + économies + société) donne à voir des déplacements aussi riches que variés à l’échelle planétaire. C’est pourquoi la mondialisation est considérée comme un vaste marché où la planète échange des marchandises et capitaux mais aussi comme un espace intégré où circulent les hommes, les informations et les services.

I Le commerce international

I.1 Le mouvement physique des marchandises

L’une des particularités de la mondialisation est la montée en puissance de la tertiarisation des activités économiques. Pour satisfaire les besoins d’une société de consommation vorace en produits, les marchandises doivent être déplacées physiquement vers les lieux de production ou écoulées vers les marchés de distribution. C’est le cas notamment des matières premières d’origine agricole (cacao, café, coton), minérale (fer, bauxite), végétale (hévéa ou latex) ou forestière (bois). Ces ressources naturelles constituent un enjeu de taille d’où la multiplication des guerres (surtout en Afrique qui détient par exemple 30% des réserves minérales du monde) menées par certaines puissances, pour conquérir ces zones riches en matières premières, afin d’assurer l’approvisionnement de leurs industries.
Après leur achat sur les marchés spécialisés, ces marchandises vont des pays producteurs vers les pays industrialisés qui assurent leur transformation. Une fois transformés, ces produits manufacturés sont ensuite écoulés vers les quatre coins de monde parfois à des prix exorbitants qui dépassent largement le coût d’achat des matières premières. Cette situation explique pourquoi les balances commerciales des pays producteurs sont toujours déficitaires.
Le déplacement de ces produits nécessite généralement la combinaison de plusieurs modes de transport avant d’arriver à destination. Il s’agit par exemple du transport maritime, fluvial, ferroviaire, routier et même aérien. En fonction du produit transporté, des appareils ou équipements appropriés s’imposent : Oléoduc (canalisation destinée au transport du pétrole brut ou raffiné), gazoduc (canalisation qui transporte le gaz sur de longues distances), pétrolier ou tanker (navire-citerne spécialisé pour le transport du pétrole et de ses dérivés comme l’essence), méthanier (gaz naturel), pinardiers (vin), porte- conteneurs, les vraquiers (marchandises divers) les navires frigorifiques, des congélateurs etc. compte tenu de ces spécificités, il est donc nécessaire de s’adresser à des agences ou compagnies spécialisées dans le transport des dits produits.
Malgré toutes ces précautions, les marchandises peuvent être affectées par les intempéries, les accidents (déraillements, chavirements, naufrages …), la chute des cours mondiaux, la piraterie maritime, les retards de livraison dus aux longues procédures douanières ou aux tracasseries policières, les avaries, l’enclavement. C’est la raison pour laquelle les entreprises spécialisées dans la logistique et le colisage contractent des assurances pour se protéger des risques et des pertes.

I.2 Le commerce en ligne

Le numérique a favorisé la dématérialisation du marché. Il est devenu facile de commander en ligne, de payer sans faire la queue devant une caisse et de se voir livrer à domicile le produit commandé sans avoir à se déplacer. Le commerce en ligne fait donc partie du secteur économique quaternaire. Il repose sur des entreprises numériques ou Start-up dont il suffit de télécharger l’application pour acheter, vendre, parler ou payer un service. Le développement du commerce en ligne doit beaucoup aux géants du numériques comme les GAFA (Google Apple Facebook Amazon), Ali Baba, Netflix, You Tube. Grâce à la collecte des données personnelles, la publicité et le marketing, ces plates-formes internet se font des milliards de bénéfices sans être obligé de posséder les entreprises de production des biens et des services qu’ils offrent à leurs clients. Le commerce en ligne a connu une ascension fulgurante ces deux dernières années à cause de la pandémie liée au coronavirus. Cependant, il reste très limité dans les régions où la fracture numérique et le taux de bancarisation sont très faibles. Néanmoins, il a eu une certaine percée grâce à la vulgarisation du téléphone mobile.

II. La circulation des personnes, des informations et des services

II.1 La mobilité des personnes

Qu’il s’agisse des migrations temporaires ou définitives, ces mouvements de personnes sont substantiels à la mondialisation. Elles s’expliquent par un certain nombre de facteurs :
• L’explosion démographique : En effet, depuis plus d’un siècle, la population mondiale est résolument tournée vers la croissance. En 1960, elle était de 3 milliards, en 1999 elle est montée à 6 milliards et depuis le 31 Octobre 2011, la planète compte 7 milliards. Les analystes des Nations unies estiment que celle-ci atteindra 10 milliards en 2050.
• Les inégalités de développement : 20% des habitants de la terre possèdent 80% des richesses alors que 2 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 2 dollars par jour.
• L’essor du tourisme et la création des zones du libre échange (l’espace Schengen). Les flux touristiques sont plus concentrés sur les littoraux et dans les îles. Ils sont liés à la hausse du niveau de vie, au développement du temps libre et à la baisse des coûts des transports.
• Le flux de réfugiés : Des personnes quittent leur pays ou régions d’origine pour aller dans d’autres endroits soit à cause des catastrophes naturelles (les éco-refugiés ou refugiés climatiques), soit à cause des actes de violence ou des abus de pouvoir (guerre, régimes dictatoriaux, crises post-électorales, exactions commises au nom de la religion, de la tribu, de la race ou de l’idéologie), soit à cause de la stagnation de l’économie ( des chômeurs à la recherche d’un emploi ou des travailleurs à la recherche de meilleures conditions de travail et des emplois plus alléchants). Il s’agit des migrants économiques. Ces migrants se déplacent plus des pays du Sud vers ceux du Nord ou du Sud vers le Sud.
Ces flux ne revêtent pas seulement un caractère positif (main d’œuvre pour la région d’accueil, rapatriement d’argent vers la zone de départ), mais génèrent également de nombreux désagréments à l’instar de la xénophobie, du racisme, la perturbation de l’organisation familiale, des problèmes environnementaux, des fléaux sociaux (criminalité, banditisme, prostitution).

II.2 Circulation des informations et des services

La grande nouveauté de la mondialisation du début du XXIe siècle est la mise en place des TIC à l’échelle mondiale ce qui a favorisé la circulation des infos en temps réel. Elles se sont améliorées grâce à la révolution numérique qui permet une plus grande vitesse des infos et des services. Les réseaux numériques permettent de relier entre eux des ordinateurs distants de milliers de kilomètres et de rendre ainsi les informations et les services disponibles à tous les utilisateurs. Avec la digitalisation du monde, l’accès à l’information devient instantané.
poleetfluxqrchqndiseLa circulation des services et des infos est cependant à l’origine de nombreuses dérives telles que la violation des données privées, la diffusion de fausses infos, la cyber criminalité, le cyber harcèlement, les cyber attaques, l’évasion fiscale, la promotion de l’extrémisme, l’orientation de l’information dans le sens de l’intérêt de celui qui la détient.

III Les mouvements financiers : Flux de capitaux

Les mouvements financiers portent notamment sur les IDE, les transferts des fonds (bilatéraux et multilatéraux) et les transactions entre les différentes places financiers du globe. Sans oublier les FMN qui ont un poids financier énorme. En effet, les flux de capitaux sont contrôlés par les établissements financiers (Banques), les institutions financières (Banque Mondiale, Fond Monétaire International), les places financières (bourses de valeur notamment celle de New-York, de Londres, de Paris, de Frankfurt, de Tokyo). De nombreuses opérations y sont effectuées selon le principe de l’offre et de la demande ce qui permet aux capitaux de passer d’un compte à l’autre.

Conclusion

Le fonctionnement de la mondialisation engendre des flux qui révèlent des inégalités, faisant de l’abondance et de l’injustice les caractéristiques majeures du XXIe siècle. La pléthore de flux humain, marchandises, capitaux, informations tisse des liens qu’on voudrait profitables et bénéfiques à tous mais qui parfois se retournent contre le système monde et entravent sa marche. En effet bien que réduisant les distances, cette mondialisation loin, de diminuer les inégalités sociales tend plutôt à renforcer la hiérarchisation entre les États et entre les régions. C’est pourquoi contrairement à l’OMC qui se contente de veiller sur une mondialisation libérale soumise au bon vouloir des marchés, d’autres organisations internationales comme CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement) plaident pour une mondialisation moins déshumanisante vouée au commerce équitable.

Lexique

IDE : Investissement Direct à l’Étranger est un ensemble de capitaux investi dans les activités économiques dans un Etat étranger notamment pour ce qui est de la création des entreprises.
Flux : Courant d’échange qu’on peut distinguer selon leurs natures (flux de marchandises, flux d’informations, flux des services, flux des capitaux, flux de personnes) ou leur caractère (flux licite, flux illicite).
Système monde : Expression qui définit la planète comme un système dont les territoires, les économies, les sociétés sont en interactions constantes du fait des réseaux et des flux de toutes natures qui les relient.