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Cours
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Famille de situation : L’intégration nationale
Catégorie d’action : La promotion du développement intégré
Module N°I : Le Cameroun
Chapitre N°II : Les pratiques agro pastorales et artisanales traditionnelles
Leçon N°VI : L’évolution de l’artisanat
Notions : Qualité, norme
Prérequis : Les activités du secteur primaire
Durée : 2 heures
Exemple de situation : L’envahissement des marchés locaux par des produits étrangers surtout chinois
Exemple d’action : Vulgariser le savoir-faire local et consommer les produits « made in Cameroon »
Formulation de la justification : Cette leçon permet d’installer chez l’apprenant les ressources en vue de l’amener à aimer et consommer les produits camerounais.

Introduction

L’artisanat est la transformation manuelle ou à l’aide d’équipements rudimentaires des objets et des produits à usage domestique.
Au Cameroun, sa contribution au développement économique reste faible (environ 5% du PIB). C’est pour cette raison que le gouvernement camerounais met sur pied des initiatives afin d’amener non seulement les jeunes à s’intéresser à ce secteur mais également à porter l’image du Cameroun à l’échelle régionale et mondiale. L’analyse de l’évolution de l’artisanat au Cameroun nécessite de se pencher sur la modernisation des équipements de travail, l’implémentation de nouveaux produits, l’amélioration de la qualité et des normes enfin l’organisation proprement dit de ce secteur.

I. La modernisation des équipements de travail

Jadis archaïque et entièrement réalisée à la main, la production artisanale connait aujourd’hui une transformation avec l’utilisation de nouveaux équipements de travail. Il s’agit notamment des ponceuses électriques, machines à écraser, scies électriques, perceuses, brodeuses, ordinateurs, imprimantes etc. Ces outils diminuent le temps de production car avant, il fallait des semaines voir des mois pour finaliser une œuvre.

II. L’avènement de nouveaux produits

Avec la modernisation des équipements et l’évolution des techniques de fabrication, on assiste à la prolifération de nouveaux produits tels que :
• L’art plastique
Ce secteur a beaucoup évolué grâce à l’utilisation de nouvelles machines et matériaux qui permettent de réaliser des objets et produits personnalisés. C’est le cas des produits de la sculpture (statuettes chaises), peinture (toiles, tableaux), photographie (portrait géant), poterie (pot de fleurs), fabrication des tissus et vêtements traditionnels, nattes, éventails, la filière de bois (chaises, lits), du raphia (meubles).
• L’artisanat textile
Il est assez développé puisqu’on observe dans nos villes une multitude d’unités de production de couture et de broderie. Tenant compte de la mode et des innovations dans la décoration, les acteurs de cette branche conçoivent et réalisent des produits modernes et personnalisés ; sacs, vêtements, chaussures, babouches (samaras) et tous les autres accessoires de mode. Leurs principaux matériaux sont les peaux de bête, les fibres végétales, le cuir, les pagnes. D’autres se spécialisent dans la broderie à l’africaine « Mode Afritude »
• L’artisanat de production
On observe le développement de petites unités qui assurent la transformation des produits alimentaires. C’est le cas du manioc en tapioca, couscous, bâtons de manioc, des fruits (ananas, mangues, corossol) en jus naturels, des farines de patate en pains, biscuits, du cacao ou gingembre en divers poudres pour des boissons chaudes.
Cette transformation s’opère aussi dans le cosmétique. En effet, de nombreux artisans utilisent des produits naturels comme le neem, le karité, l’avocat, les carottes pour fabriquer des laits de toilette, l’huile de cheveux, savon etc.

III. Amélioration de la qualité et le respect des normes

Au Cameroun, plus de 80% des acteurs de l’artisanat exerce dans l’informel. Pour rendre les produits de ce secteur compétitifs sur le marché mondial, les pouvoirs publics ont mis sur pied l’ANOR (Agence des Normes et de la Qualité). C’est une structure chargée d’apprécier la qualité des produits mis à la disposition des consommateurs et de l’élaboration des normes de fabrication.

IV. L’organisation de la filière et des circuits de vente

Le secteur de l’artisanat est organisé en plusieurs filières donc les produits suivent divers circuits de vente.

IV.1 L’organisation des filières de l’artisanat

La loi N°2007 /004 du 03 Juillet 2007 portant sur l’artisanat au Cameroun regroupe les métiers de l’artisanat en 3 classes à savoir :
Les métiers du secteur de l’artisanat d’art : Il s’agit ici de la fabrication et de la commercialisation d’objets avec une valeur esthétique et culturelle, et relevant une bonne utilisation des ressources naturelles ;
artisanat art Les métiers de l’artisanat de production : Il concerne la fabrication des biens d’usage courant sans un recours à la standardisation industrielle (système d’organisation scientifique du travail qui vise à produire en masse des objets identiques).
transformation maniocExemple la transformation du manioc en tapioca.

• Les métiers de l’artisanat de service qui renvoi à la distribution à une petite échelle de biens et de petits services nécessaires à la vie ordinaire.

Exemple : le dépannage des appareils, les call-box, la coiffure, les moto-taxis.

IV.2 Les circuits de vente

Les circuits de vente sont difficilement contrôlables dans l’artisanat à cause de la mauvaise organisation des acteurs de ce secteur. En outre, les produits se vendent sur commande des clients car, les artisans n’ont pas de stratégies publicitaires efficaces. C’est pour résoudre ce problème que l’État a créé des infrastructures d’encadrement, de formation et de commercialisation des produits de l’artisanat. En effet, depuis le 7 Janvier 2013, les villages artisanaux existent dans 9 régions dont 7 sont fonctionnels (Bertoua, Ebolowa, Maroua, Garoua, Bamenda, Limbé, Douala,) et la capitale politique abrite le centre international de l’artisanat. l’État organise tous les 2 ans le salon international de l’artisanat en vue d’amener les jeunes à s’investir davantage dans ce secteur d’activité. Compte tenu de l’évolution des technologies de l’information et de la communication (Tic), les circuits de vente des produits artisanaux ont évolué ; ils sont passés de la galerie traditionnelle à la galerie moderne ou galerie d’art virtuelle pour permettre aux artisans de proposer leurs produits à une plus grande échelle et gagner en visibilité.

Conclusion

Le Cameroun dispose d’un secteur artisanal très diversifié qui découle de ses ressources naturelles et d’un savoir-faire parfois ancestral. Malgré la volonté des pouvoirs publics d’accompagner ce secteur, beaucoup reste à faire au niveau de l’accès aux financements pour accroitre la production. Ces ressources financières permettront aux artisans de booster leur production afin que les produits deviennent plus accessibles aux camerounais moyen, compte tenu du faible pouvoir d’achat des populations. L’accent doit être mis sur la promotion des produits via des techniques de markéting efficaces et simples afin que les camerounais soient informés de leur disponibilité.