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Langue française
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Une langue est avant tout un moyen de communication ; parler ou écrire, c’est produire un acte de langage qui permet de communiquer avec autrui : on nomme cela l’énonciation.
Dans un énoncé, lorsqu’on se pose les questions de savoir « Qui parle ? » et « À qui ? », on s’interroge sur l’identité respective de l’émetteur et du récepteur. Ceux-ci constituent les éléments essentiels de toute communication (verbale, non verbale ou paraverbale), car tout discours, quel qu’il soit, est émis par quelqu’un s’adressant à une ou plusieurs personnes. Répondre à chacune de ces questions revient à les identifier, à l’aide d’indices textuels et parfois paratextuels.

I. L’énonciation

L’énoncé est l’ensemble de formules exprimant quelque chose de façon précise.
L'énonciation est l'action de produire un énoncé, écrit ou oral. Elle suppose un locuteur (émetteur) qui transmet un message (énoncé) à un destinataire (récepteur) en un lieu et moment précis.
Une marque d'énonciation est un mot ou une expression qui, dans une phrase, révèle la présence de celui qui parle.

I.1 Contexte et énoncé

Il est indispensable de replanter un énoncé dans son contexte et donc de prendre en compte la situation particulière de communication dans laquelle est émis un énoncé.

Exemple : Pierre, prends ton imperméable, il pleut.

Cette phrase comporte un certain nombre d'indices qui permettent de la replacer dans une situation d’énonciation particulière. Les multiples marques du destinataire (Pierre, mode impératif, adjectif possessif de la seconde personne), la référence au contexte ou à la situation (il pleut) sont autant de repères qui ancrent cette phrase dans un cadre énonciatif précis. Cet énoncé n’a de sens que par rapport à celui qui parle, à celui à qui l’on s’adresse, au lieu et au contexte.

I.2 Les repères de l’énonciation

Plusieurs éléments permettent de déterminer la situation d'énonciation :
Celui qui parle : c'est l'énonciateur. L’élément qui permet de le repérer (je).
Celui à qui l'énoncé s'adresse : c'est le destinataire. L’élément qui permet de le repérer (tu)
Le moment de l'énonciation : quand l'énoncé a été fait. L’élément qui permet de le repérer (maintenant)
Le lieu de l'énonciation : où l'énoncé a été fait. L’élément qui permet de le repérer (maintenant)
Ces éléments varient en fonction du contexte et du cadre énonciatif : on dit qu’ils n’ont pas de référents stables. En effet, ici correspond à un lieu qui n’a de sens que pour les deux interlocuteurs qui sont ensemble sur un même lieu ; il en va de même pour maintenant.

II. La présence de l’émetteur

L’émetteur est celui qui produit et transmet le message.

II.1. L’émetteur explicite

L’émetteur explicite est celui dont les marques sont présentes dans le texte. Dans une narration, il est appelé narrateur et raconte une histoire dont il en fait partie et ses marques sont les suivantes :
• Les pronoms personnels : je, me, m’, moi, nous.
• Les adj. Possessifs : ma, mes, mon, notre.
• Les pronoms possessifs : le mien, la mienne, les mien(ne)s, le nôtre…
• Le nom propre : Exemple : Ben Du Toit…
NB : Lorsque l’émetteur centre son message sur lui-même, c-à-d. utilise abondamment les indices sus-cités, on dit qu’il a une fonction expressive ou émotive. Dans ce cas il exprime ses sentiments.

II.2. L’émetteur implicite

C’est celui dont aucune marque n’apparait dans le texte. À ce moment on peut se référer au paratexte (auteur) s’il est demandé, ou encore on dira que c’est un émetteur implicite.
Généralement lorsque l’émetteur est absent, sa présence est quand même trahie, c’est-à-dire dévoilée de façon inconsciente par des modalisateurs ou éléments de subjectivité ou termes de jugement qu’il utilise dans ses propos trahissant ainsi ses convictions, sa vision du monde et des choses, ses prises de position, ses jugements :
On dit qu’il exprime sa subjectivité. Ces marques de subjectivité sont :
Les adjectifs qualificatifs : fort, heureux, beau, doux, hideux…
Les verbes de jugement : (douter, certifier, vouloir) : je sais, je regrette, peut-être, ...
un jugement mélioratif ou péjoratif : beau, laid, grand, chauffard, un sot, mon lapin, mon petit chou...,

Exemple : « Oh ! ma pauvre chérie, ma pauvre chérie… si j’avais su ! » Bel-Ami, P135

Les diminutifs affectifs : ma mignonnette, mon garçonnet, ma fillette…, « Écoute, Clo, ma petite
Clo, laisse-moi t’expliquer ! » Bel-Ami Page 141 ( Clo au lieu de Clotilde de Marelle)
Les adverbes de manière : heureusement, grandement, joliment, malheureusement…
Les interjections et exclamations: non ! oui! hélas! Il fait bon vivre ici !

III. La présence du récepteur

Le récepteur est celui à qui est destiné le message.

III.1. Le récepteur explicite

Ses marques sont présentes dans le texte. Il s’agit de :
Les pronoms personnels : tu, te, toi, tes, vos, nos.
Les adj. Possessifs : ta, ton, tes, votre, notre.
Les pronoms possessifs : le tien, les tiens, la tienne, la nôtre, les vôtres…
Les noms propres : DUROY, Joseph K …

III.2. Le récepteur implicite

Ses marques sont absentes du texte proposé. Dans ce cas, le récepteur c’est le lectorat ou les potentiels lecteurs.
NB : Si les marques du récepteur sont beaucoup plus présentes dans un texte, on dit qu’il a une fonction conative ou impressive.
Remarques : Le pronom indéfini « ON », généralement utilisé par l’émetteur, peut avoir une double face :
• Il peut désigner l’émetteur et le récepteur lorsque ceux-ci sont concernés par ce qui est dit (dans la diégèse).
• Il peut renvoyer exclusivement aux autres, lorsque par exemples l’énonciateur veut se démarquer ou critiquer les autres.
• Le même énoncé peut avoir plusieurs émetteurs, on parlera de la polyphonie.