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Le temps est (comme l’espace) une dimension de la réalité.

On n’en prend pas conscience directement : le mouvement et le changement sont les expériences qui nous suggèrent l’idée que du temps a passé.
Deux principales conceptions philosophiques se sont opposées sur la question du temps :
• une conception réaliste (le temps existe en dehors de nous)
• une conception idéaliste (le temps n’est qu’une représentation de notre esprit).
On distingue habituellement
• le présent ;
• le passé ;
• le futur.
Saint Augustin faisait observer que le passé et le futur n’existent pour nous que comme présents (si je me souviens de mon enfance, ce souvenir est actuel ; si j’imagine mes vacances prochaines, ce projet est actuel aussi : la mémoire ne se rapporte pas réellement au passé, et l’anticipation ne se rapporte pas réellement au futur).
Le paradoxe du présent : d’une part, il n’y a que du présent, d’autre part, le présent n’existe pas vraiment, il n’est que la limite mobile entre un passé qui le dévore et un futur qui l’absorbe constamment.
Plusieurs traditions philosophiques et religieuses (Platon, le christianisme) ont opposé un monde sensible soumis au temps et un monde supérieur (le monde intelligible chez Platon, le monde céleste dans le christianisme) qui échappe au temps.
On appelle éternel ou bien ce qui dure infiniment ou bien ce qui échappe au temps.
Bergson opposait la durée concrète de la vie au temps abstrait de la science.
Toutes les sociétés traditionnelles se sont figuré le temps comme une roue qui tourne éternellement. La culture occidentale a remplacé l’image de la roue par celle de la flèche : le temps est orienté, il ne revient jamais en arrière (il est irréversible), et ne répète jamais rien.

L’existence est inséparable du temps. Lorsque Sartre dit « l’existence précède l’essence », il veut dire que pour les êtres humains il n’y a pas de projet à priori qui les a définis une fois pour toutes (chacun de nous se fait en existant ; le sens de notre vie, s’il y en a un, ne peut être déterminé qu’à son terme).

Pourtant, face au temps, l’homme n’est pas entièrement démuni :
• Par sa pensée (sa conscience), son imaginaire, il peut échapper au présent pénible ou ennuyeux, soit en se reportant dans un passé idéalisé, soit en se projetant dans un futur meilleur.
• Par ses actions, ses œuvres, ses créations, l’homme peut également, dans une certaine mesure, échapper au temps.
Si nous pouvions échapper au temps, nous ne souffririons ni de l’attente, ni de l’ennui, ni de la nostalgie :
• L’attente est le signe d’une incapacité à changer le futur en présent. Nous avons alors l’impression que le temps se traîne.
• L’ennui est le signe d’une incapacité à changer le présent en futur. On voudrait être ailleurs, ou plus tard.
• La nostalgie est le signe d’une incapacité à changer le passé en présent. Lorsque « maintenant » est pénible, « avant » apparaît tout beau. La nostalgie de l’enfance vient des difficultés de l’âge adulte.
• La nostalgie des anciens temps (la mode rétro, par exemple) vient des difficultés de l’actualité.
Le moraliste Nicolas de Chamfort, témoin actif de la Révolution française, opposait déjà l'opulence des nantis au vide criant des plus démunis. Tout en feignant avec élégance d'y trouver quelque symétrie:

« La société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d'appétit et ceux qui ont plus d'appétit que de dîners. »

Quelques citations philosophiques sur le temps

1. Saint Augustin (354-430). Confessions

«Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais bien. Si je veux l'expliquer à quelqu'un qui le demande, je l'ignore.»

2. Auguste Comte (1798-1857), Catéchisme positiviste

« Les vivants sont ...: gouvernés nécessairement par les morts : telle est la loi fondamentale du genre humain.»

3. Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste

«L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes.»

4. George Santayana (1863-1952), The Life of Reason

« Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter.»

Nietzsche, au contraire de Santayana, fustige la rumination du passé. Il va jusqu'à prôner, dans certaines de ses œuvres, l’amnésie historique, condition nécessaire selon lui pour libérer le présent en vue de forger l'avenir :

«Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli. »