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Géographie
Cours
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Famille de situation : L’intégration nationale
Catégorie d’action : La promotion du développement intégré
Module N°I : Le Cameroun
Chapitre N°III : L’économie moderne
Leçon N°IX : Les échanges interrégionaux du Cameroun
Notions : Centre commercial
Prérequis : Les activités du secteur tertiaire
Durée : 2 heures
Exemple de situation : Difficulté pour le Cameroun à maintenir la concurrence avec les produits manufacturés importés. Problèmes qu’éprouvent les villageois à évacuer leurs produits vers les centres urbains et grands pôles de commercialisation ou de consommation.
Exemple d’action : Encourager la production et la consommation locales, aménager les pistes rurales et viabiliser nos routes rurales
Formulation de la justification : Cette leçon permet d’installer chez l’apprenant les ressources en vue de contribuer au développement économique de sa région.

Introduction

Les échanges sont des transactions commerciales entre les hommes. Les échanges inter-régionaux sont des mouvements d’achat et de vente des biens entre différentes régions. Au Cameroun ces derniers reposent sur un ensemble de facteurs bien définis mais, leur optimisation nécessite encore la mise sur pied des stratégies efficaces par les pouvoirs publics.

I. Les facteurs de développement des échanges

Plusieurs facteurs sont à la base des échanges notamment l’essor des infrastructures de communication et l’interdépendance entre les régions.

I.1 Le développement infrastructurel

C’est le principal facteur de développement des échanges. Sur ce plan, le Cameroun dispose d’une variété de voie de communication. Le transport routier se modernise avec la construction de plusieurs routes bitumées interrégionales, urbaines et quelques-unes qui relient les villes à leurs périphéries. La longueur de ce réseau est estimée à 230000 Km de routes principales dont 4300 bitumées et bien aménagées. Le transport ferroviaire est assuré par le Transcamerounais qui dispose de 2 lignes de chemin de fer ; le Transcam I (715km) relie Yaoundé à Ngaoundéré et le Transcam II (264 km) relie Yaoundé à Douala. Le transport aérien est assuré par CAMERCO à partir de 4 aéroports internationaux (Yaoundé-Nsimalen, Douala, Garoua, Maroua-Salak) et une dizaine d’aéroports nationaux donc celui de Bamenda, Bafoussam, Ngaoundéré. Le transport fluvial est quasi inexistant à cause de la présence des chutes et des rapides dans les cours d’eau, mais le transport maritime est fluctueux grâce à la présence de 3 principaux ports (le port autonome de Douala, le port en eau profonde de Kribi et le port maritime de Limbé). Malgré cette diversité de voie de communication plusieurs zones restent enclavées portant un coup aux échanges inter-régionaux.

I.2 L’interdépendance entre les régions

De par la diversité de ses richesses, réparties à travers l’étendue du territoire national, les régions du Cameroun s’établissent des relations d’inter dépendance. Le Nord approvisionne le Sud en bœufs, arachide, oignions, ail et articles artisanaux. En retour, il reçoit du bois de charpente ou de menuiserie, des produits manufacturés, des agrumes. Les hauts plateaux de l’Ouest envoient vers le Sud-forestier et particulièrement dans les grandes villes du petit bétail, des volailles, des produits maraichers et articles artisanaux. Ils en reçoivent des bois, et du poisson. Les zones côtières approvisionnent les autres régions en poissons et reçoivent du gros bétail respectivement de l’Ouest et du Nord, les vivres frais de l’Ouest, le bois et la viande de brousse du Sud et de l’Est.

II. L’organisation du commerce intérieur

Ce commerce fait référence aux types de marchés locaux et aux différents acteurs qui interviennent dans ces espaces marchands.

II.1 Les marchés périodiques

Ce sont des marchés initiés par les pouvoirs publics afin d’approvisionner les populations en denrées alimentaires à des prix raisonnables. C’est le cas du MIRAP (Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de grande consommation) du Marché-témoin, des foires régionales, de la caravane de vente promotionnelle du Ministère du Commerce. Ces marchés concernent aussi les cultures d’exportation et se tiennent souvent pendant la récolte des grands produits de rente (cacao, café, coton, tabac…). Dans ce sillage, l’on peut citer le marché d’Ebouksi dans la Lékié, de Nkolanfamba (Mefou), de Mvoutessi dans le Dja et Lobo. A côté de ces marchés périodiques pullulent les marchés permanents dans lesquels se vendent les produits locaux et quelques articles importés. Dans les grandes villes existent des supermarchés et des centres commerciaux (batiment qui comprend sous un même toit un ensemble de commerces de détails logés dans plusieurs galeries) dans lesquels se vendent plus les biens importés. Exemple le Douala Grand Mall (Douala), le Yatch Center (Bafoussam)

II.2 Les revendeurs de vivres « bayam sellam » et vendeurs à la sauvette

Ils pratiquent le petit commerce de détail dans leurs échoppes, proposent sur place des articles aux clients ou se baladent avec leurs marchandises tandis que d’autres offrent aux usagers des services divers. Dans cette catégorie figurent les revendeuses de vivres, les vendeurs à la sauvette et les facilitateurs.
bayam sellamS’agissant des revendeuses « bayam sellam », elles vont généralement acheter les vivres dans les campagnes pour revenir les vendre en ville, ou vont s’approvisionner très tôt le matin auprès des ruraux qui viennent écouler leurs marchandises à bord des « opep » (véhicules de seconde main chargée de transporter les villageois et leurs produits de la campagne vers la ville). Une fois achetés, les produits sont exposés dans des installations simples (en plein air, à même le sol, sur des installations de fortune, dans les petits kiosques…)
En ce qui concerne les vendeurs à la sauvette, il s’agit des marchands ambulants qui se baladent partout à longueur de journée proposant leurs articles aux citadins. Dans cette catégorie figurent aussi ou des commerçants stables qui exposent leurs marchandises sur de étals du marché et en bordure de routes. Ces derniers vendent plus les chaussures, vêtements, matériaux de quincaillerie, la vaisselle ou des produits alimentaires. Dans nos marchés prolifèrent aussi des facilitateurs donc le rôle est d’orienter les clients qui arrivent dans les marchés en quête d’un article moyennant un pourboire. Ils sont communément appelés les « apacheurs » et difficilement localisables.

III. Les difficultés du commerce intérieur

Le Cameroun éprouve encore beaucoup de difficultés à concurrencer les produits importés. Ceci est dû aux nombreux problèmes qui fragilisent ce secteur d’activité :
• L’insuffisance des routes, celles qui existent ne sont pas entretenues ce qui ne favorise pas une circulation optimale des biens entre les différentes régions du pays. Or il est difficile pour une industrie d’aller s’implanter dans une région difficilement accessible. De nos jours comme par le passé, beaucoup d’investisseurs préfèrent s’installer dans les zones où les voies de communication sont viabilisées et bitumées et régulièrement entretenues afin d’échanger et d’écouler rapidement leurs produits. Un produit qui périt en chemin à cause du mauvais état de la voirie, constitue une grosse perte pour les industries et les acteurs du monde rural. Ce qui interpelle les pouvoirs publics notamment le Ministère des Travaux Publics et les municipalités à mieux s’organiser ;
rouites cameroun• La vétusté des chemins de fer ;
• Des aéroports fonctionnels mais une compagnie aérienne en difficulté qui laisse très peu de place au transport des marchandises;
• Des ports ouverts à l’extérieur mais non connectés avec l’intérieur ;
• l’insuffisance ou la faible subvention du secteur agricole et artisanal ;
• Une industrialisation embryonnaire d’où une faible transformation de la production nationale ;
• L’extrême extraversion des marchés intérieurs ;
• La fixation des prix des biens par les occidentaux d’où la Détérioration de Termes de l’Échange (DTE).

Conclusion

Le secteur des échanges au Cameroun est miné par de nombreux problèmes qui freinent sa dynamique, contribuant ainsi à la hausse généralisée des denrées de première nécessité. Pour faire revivre ce secteur, il est important que le gouvernement développe le marché intérieur en encourageant la consommation locale, ce qui passe obligatoirement par le désenclavement. D’autres mesures doivent être prises pour limiter la dépendance extérieure. Pour que cette réalité soit effective, il faut produire les biens consommés localement, favoriser la transformation locale des biens, encourager l’industrialisation par l’application d’un code fiscale favorable aux nationaux, le tout couronné par des formations de qualité qui répondent aux exigences de la mondialisation (développement technologique).