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Cours
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Famille de situation : Les activités génératrices de revenus
Catégorie d’action : Recherche du capital
Module N°III : Les activités de production
Chapitre N°VI: Les activités industrielles
Leçon N°12 : L’industrie
Notions : Industrie, matière première, produit semi-fini, produit fini, zone industrielle, zone franche industrielle
Prérequis : Les activités du secteur primaire
Durée : 2 heures

Exemple de situation : Dans la zone industrielle de Douala Bassa, on observe plusieurs formes de pollutions qui portent atteinte à l’environnement et aux populations
Exemple d’action : Éloigner les industries des zones d’habitation
Formulation de la justification : Cette leçon me permet de mobiliser les ressources afin de participer à la limitation des effets néfastes des industries

Introduction

A priori, l'industrie désigne les activités de production liées à la transformation de la matière au moyen de machines et de processus plus ou moins sophistiqués.

C’est l’ensemble des activités économiques qui transforment les matières premières en produits fins ou semi finis. Le secteur industriel représente l’un des secteurs du travail humain qui a le plus subit des bouleversements depuis la Révolution Industrielle jusqu’aujourd’hui. Mais à cause de certains facteurs, ces industries n’évoluent pas de la même façon dans toutes les régions du monde. L’industrialisation est plus poussée dans les pays développés alors que dans les pays en voies de développement, celle-ci a amorcé timidement son décollage malgré quelques disparités. Mais peu importe leur zone de localisation, les industries sont actuellement à l’origine de nombreux maux qui minent l’homme et son environnement.

I- Les conditions de développement des industries

Pour assister à la naissance d’une industrie dans une zone précise, il faut la combinaison d’une pléthore de facteurs.

1-Les facteurs primaires ou classiques

Jadis facteurs essentiels de localisation des industries, leur rôle est aujourd’hui relayé au second plan. On peut citer entre autres :

a) La présence des matières premières et des sources d’énergie

Avant, les industries s’installaient près des zones de production des matières premières d’origine agricole, forestière et minière. D’autres naissaient près des sources d’énergie (houille, pétrole, électricité) dans le but de faciliter la production industrielle. Ce fut le cas de Ruhr en Allemagne installé dans les bassins houillers qui a été un site prisé par les industries.
Au Cameroun, on a pu noter l’installation de plusieurs industries près du barrage hydro-électrique d’Edéa (ALLUCAM) ou près des plantations de cannes à sucre de Mbandjock (SOSUCAM).
edea cameroun

b) La tradition

En effet depuis des lustres, certaines régions sont par essence industrielles et identifiées par rapport à une activité industrielle précise. C’est le cas de la Champagne ou de l’Aquitaine en France pour ce qui est de la production du vin.

c) Le marché de consommation

Autrefois indispensable à la localisation des industries, ce dernier ne l’est plus aujourd’hui à cause de la diversification des moyens de transport et la multiplication des achats en ligne. La solvabilité du marché ne dépend plus d’un espace précis car avec la mondialisation des échanges, les biens se vendent dans les quatre (4) coins de la planète.

2- Les facteurs modernes

Ces derniers sont incontournables dans le processus de mise en place des industries.

a) La main d’œuvre

Elle est un facteur de localisation de premier ordre. Aujourd’hui, on assiste à la délocalisation de plusieurs industries européennes et américaines vers l’Asie à la recherche d’une main d’œuvre abondante et moins chère. Celle-ci n’est pas forcement qualifiée, mais indispensable à la réalisation de simples tâches qui sont le plus souvent répétitives. Cette délocalisation leur permet de limiter les coûts de production et de maximiser leurs bénéfices. En outre, malgré la montée fulgurante de l’utilisation des robots dans les industries, celles-ci auront toujours besoin de cadres compétents, car les techniques industrielles évoluent et nécessite que le personnel s’adapte afin d’être productifs.

b) L’attraction de l’environnement

Certains sites sont plus propices aux activités industrielles que d’autres. C’est le cas des zones industrielles (ZI) encore appelées parcs industriels. Il s’agit d’un immense espace géographique généralement aménagé à la périphérie d’une ville pour un usage industriel. Ce dernier nécessite le financement de l’Etat qui le dote de plusieurs infrastructures telles que les entrepôts, des rues, l’électricité, le gaz naturel, l’adduction en eau, les égouts et les services de télécommunication. Il doit avoir un accès soit à un port, à un aéroport, à une voie ferrée ou à une autoroute.

Exemple la zone industrielle du port autonome de Dakar qui abrite de nombreuses industries.

c) Les moyens de transport et de télécommunication

Ce facteur permet aux industries d’importer les matières premières et d’évacuer les produits manufacturés le plus rapidement possible. C’est le cas des ports qui sont des zones industrielles par excellence. Dans ce registre, on peut aussi citer les gares ferroviaires, les autoroutes et les aéroports qui sont devenus aujourd’hui des axes et des foyers privilégiés de l’industrialisation.

d) Les facteurs juridiques et politiques

La politique des gouvernements peut exercer sur l’investissement des effets d’attraction ou de répulsion. Il s’agit des lois qui accordent des avantages à l’implantation des industries, en l’occurrence :
• Un régime de taxe favorable conduisant à une fiscalité souple ;
• Un statut particulier des entreprises industrielles comme c’est le cas dans les zones franches industrielles (ZFI). C’est un espace géographique d’un pays présentant des avantages fiscaux afin d’attirer l’investissement et de développer les industries. Dès que la politique d’un État se révèle douteuse, elle constitue un obstacle aux Investissements Directs Étrangers (IDE). A contrario, si le climat des affaires est favorable, on assiste à une ruée des Investissements Directs Étrangers.

II-les types d’industries

1- Les industries de base

Encore appelées industries lourdes ou industries extractives, les industries de base sont toutes les industries qui procèdent à la première transformation des matières premières et livrent ces produits semi-finis qui serviront à leur tour de matières premières à d’autres industries.
Les principales caractéristiques de ces industries sont :
• Elles ont besoin des quantités énormes de matières pondéreuses (fer, charbon) ;
• Elles nécessitent d’énormes capitaux aussi bien pour leur investissement que pour l’entretien des locaux gigantesques ;
• Elles sont toujours à la recherche des techniques les plus performantes ;
• Elles exploitent des effectifs relativement modestes.
Parmi ces industries de base, on peut citer :
• Les industries métalliques qui englobent les industries sidérurgiques (traitement du fer) et métallurgiques (traitement des tous les métaux comme l’aluminium, le plomb, le zinc et le cuivre).

Exemple ALLUCAM, SOCATRAL, ALUBASSA.

• Les industries chimiques ; elles comprennent les industries pétrochimiques (matières plastiques, les détergents), les industries de bois, de caoutchouc, de produits pharmaceutiques.

Exemple PLASTICAM, SONARA

• Les cimenteries ; elles extraient et traitent le sable et le calcaire.

2. Les industries de transformation

Encore appelées industries légères, les industries de transformation transforment les produits semi-finis en produits finis c'est-à-dire que leurs produits sont directement utilisables et prêts pour la consommation. Leurs principales caractéristiques sont :
• Elles ont besoin d’une main d’œuvre abondante;
• Elles sont moins exigeantes en matières premières et en sources d’énergie ;
• Elles sont diversifiées ;
• -Elles concourent rapidement à l’aménagement du territoire. En effet, elles offrent de meilleures possibilités de décentralisation du fait de leur souplesse et de leur capacité d’adaptation.
Ces industries se répartissent en deux grands groupes.

a) Les industries de biens d’équipement

Elles produisent en général des biens destinés aux entreprises. C’est le cas des :
• -Industries mécaniques ( machines-outils, véhicules, navettes spatiales, construction navales) ;
• Industries électroniques et électriques (ordinateurs, téléphones, télévisions, postes radio robots, matériel de communication) ;
• -Industries chimiques (engrais, fibres synthétiques).

b) Les industries de consommation

Elles produisent des biens destinés en particulier aux ménages c’est à dire à la consommation directe. Il s’agit des :
• Industries électriques (appareils électroménagers) ;
• Industries textiles (CICAM, SODECOTON) ;
• Industries chimiques ; produits cosmétiques et d’entretien, des parfumeries, des savonneries (CCC), des allumettières (UNALOR) ;
• Industries agroalimentaires (CHOCOCAM, SOSUCAM, SOCAPALM, CDC, SABC) de papier, d’ameublement, de chaussures etc.) ;
• -Industries de matériaux de construction et d’ameublement (COCAM, SFID, CIMENCAM).

III-Les problèmes du secteur industriel

1-Les freins à l’industrialisation

a) Les obstacles humains

Le tiers monde abrite près de 80% de la population mondiale, mais celle-ci est mal ou sous nourrit et ne peut participer efficacement à la production et au développement des industries. En outre, les consommateurs potentiels sont généralement pauvres, leurs revenus sont faibles, par conséquent, il est difficile d’épargner voire d’investir dans le secteur industriel. On observe aussi que la main d’œuvre mal formée ou formée dans le tas reste dominée par une mentalité archaïque et un manque d’esprit d’initiative. Tous ces problèmes sont aggravés par les pouvoirs publics qui investissent peu dans le secteur industriel, ou qui ne facilitent pas les procédures douanières et administratives à ceux qui veulent créer des industries. En outre très peu d’efforts sont faits pour attirer les investisseurs étrangers capables de faire décoller le tissu industriel de plusieurs pays du tiers monde.

b) Les obstacles historiques et contemporains

Il faut relever que la colonisation a introduit dans les territoires colonisés des industries embryonnaires. Ces derniers servaient juste à la pré transformation des matières premières destinées à alimenter les industries performantes des occidentaux. Il n’était pas question de favoriser l’industrialisation des pays colonisés de peur qu’elle ne concurrence les industries occidentales. Par le biais, des organismes internationaux tels que le FMI, la BM et l’OMC, les néocolonialistes développent des stratégies pour favoriser les multinationales occidentales et freiner le décollage industriel des pays du tiers monde. Parmi celles-ci on peut citer l’interdiction aux Etats de soutenir massivement les industries nationales et de subventionner les exportations.

c) Les obstacles économiques

Les industries des pays du tiers monde accusent un retard technique remarquable. Jusqu’aujourd’hui, elles ne bénéficient pas toujours d’un transfert de technologie de la part des puissances industrialisées. En outre, la dépendance des pays du tiers monde vis-à-vis des pays occidentaux et des bailleurs de fond les maintient dans un statut perpétuel d’Etats assistés.

2-Les problèmes des industries existantes

Le principal problème auquel sont confrontées les industries actuelles est la pollution qui est à l’origine de plusieurs formes de nuisances.

La pollution industrielle est la dégradation du milieu naturel par des substances chimiques ou des déchets industriels.

Elle reste la plus célèbre et la plus dangereuse de toutes les formes de pollution, car ses conséquences touchent même les régions non industrialisées.

a) Les types de pollutions industrielles

• La pollution de l’air
Les fumées rejetées par les usines contiennent des gaz toxiques tels que le dioxyde de soufre. Ces acides suspendus dans l’air retombent sous forme de pluies acides. A cela s’ajoute l’émission des gaz toxiques comme le Co2 et le monoxyde de carbone qui vont détruire la couche d’ozone.
• -La pollution du sol et de l’eau
Elle provient du rejet dans le sol et dans l’eau des déchets tels que les eaux usées industrielles, les produits pétroliers, les déchets radio actifs et les détergents. A cela s’ajoutent les pluies acides qui polluent les sols et les étendues d’eau.
• La pollution sonore ou acoustique
Celle-ci se rencontre surtout dans les zones à forte concentration industrielle. C’est le cas des bruits des scieries, des industries de fabrication des bateaux.
A ces formes de pollution, il convient de relever qu’il existe des pollutions locales ou ponctuelles (une ferme avicole industrielle), des pollutions régionales (une élévation de poussière en ville par rapport aux régions rurales), des pollutions de grande extension géographique telles que les pluies acides et la pollution affectant l’ensemble du globe (le réchauffement de l’atmosphère qui est lié aux gaz à effet de serre rejetés par les industries).

b) Les conséquences de la pollution industrielle

• Les eaux usées industrielles, les fumées et les débris toxiques perturbent le cycle de l’azote dans le sol et provoquent la montée en surface de sels avec pour conséquence la stérilisation des sols.
• Le déversement des produits pétroliers dans la mer provoque le déséquilibre de la composition de l’eau des fleuves et des mers, la disparition de la flore et de la faune aquatique avec une incidence sur la chaine alimentaire. En outre on peut enregistrer des pertes en vies humaines dues à la consommation des espèces intoxiquées.
• Les gaz rejetés dans l’air détériorent la couche d’ozone avec la conséquence de l’augmentation des maladies de la peau et des cancers. Ces derniers sont également à l’origine de l’augmentation de la température de la planète avec pour corollaire la fonte des glaciers et l’élévation du niveau de la mer. En outre la poussière issue des carrières et des scieries accroit les maladies des voies respiratoires. De même, les pollutions ont un impact socioéconomique important (dépenses de santé, réduction des récoltes).
L’on peut aussi relever la dangerosité des accidents nucléaires. Il s’agit des accidents industriels causés par la libération des matières radioactives dans l’air, l’eau ou le sol. Les plus graves furent ceux de Fukushima au Japon le 11 mars 2011 et de Tchernobyl en Ukraine le 26 avril 1986. Ils ont causé de nombreux morts et laissés des séquelles donc subiront plusieurs générations.

c) La résurgence du protectionnisme : un danger pour les industries

L’autre fait majeur auquel doivent faire face les industries est le recourt de certains États au protectionnisme.

Il s’agit d’une politique douanière qui vise à protéger l’économie nationale contre la concurrence étrangère (opposé au libre-échange).

Cette situation est par exemple à l’origine de la guerre commerciale Sino-américaine. En effet, les USA ont décidé d’augmenter les taxes douanières sur certains produits chinois (machines à laver, panneaux solaires, écrans plats, satellites, matériels médicaux, pièces automobiles, armes etc.). En riposte, la Chine a fait de même pour certains produits américains (vin, fruits, viande etc.). Ces mesures visent certes à protéger les industries locales mais, impactent fortement sur la production industrielle étrangère, réduisent les exportations, ce qui porte un coup à la mondialisation. A propos, l’ONU déclare qu’en décembre 2019, les exportations chinoises vers les USA ont diminué de 35 milliards de dollars tandis que l’OMC qualifie l’attitude américaine, contraire au droit de commerce international.

d) Le travail inhumain dans les industries

Selon certaines ONG comme China Labor Watch (CLW) et Human Rights Watch (HRW), il existe des formes sévères d’exploitation des employés dans les usines. La majorité travaille plus de 14 heures par jour parfois jusqu’à épuisement et 7 jours sur 7. Certains employés sont contraints de répéter une tâche toutes les 3 secondes debout pendant 10 heures. Les rémunérations sont en deçà du salaire minimum les obligent à accepter les heures supplémentaires. Cette intensité du travail et ces horaires excessifs constituent des violations fragrantes des droits de l’homme. En outre, ces personnes sont souvent victimes de nombreuses maladies (lombalgies, tuberculose, maladies respiratoires, affections vésicales et rénales, problèmes cardiaques etc.), des problèmes psychologiques (dépression, angoisse, suicide), des symptômes de fatigue chronique, de douleurs physiques et de nombreux malaises (nausées vomissements, vertiges, difficultés à respirer). En plus de tous ces désagréments, ils sont victimes des contrats de substitutions et des licenciements abusifs. Les industries les plus concernées sont celles de l’habillement, de l’informatique, de l’automobile, et de l’électronique.

Conclusion

Plusieurs conditions sont indispensables au développement des industries. Les facteurs naturels jadis déterminants ne le sont plus aujourd’hui à cause de plusieurs innovations technologiques. Une fois ces obstacles naturels franchis, l’on a assisté à la multiplication et à la diversification des industries dans le monde. Même si l’industrialisation reste l’apanage de la TRIADE (USA, Europe, Japon), on assiste depuis quelques années, à la montée fulgurante d’un deuxième pôle industriel ; le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, République Sud-Africaine) qui menace le premier. Même si les sociétés actuelles ne peuvent plus vivre sans les industries, il est impératif de trouver des solutions afin que celles-ci utilisent des énergies propres c'est-à-dire moins polluantes, se localisent loin des zones d’habitation, traitent leurs déchets, recyclent les produits, exploitent rationnellement les ressources naturelles et humaines afin de préserver l’espèce humaine et d’éviter à notre planète une situation irréversible. En outre, les mécanismes doivent être développés en vue de réduire le fossé industriel qui existe entre les pays développés et les pays en voies de développement pour un monde plus juste et plus équitable.